LA CHRONIQUE DE RYU-Murasama Rebirth : un beat’em all explosif et coloré

Quand le studio nippon Vanillaware se met au beat’em all  il ne forge pas uniquement des Katanas mais grave aussi dans le marbre leur incontestable don pour la réalisation 2D. Portage du même titre sorti en 2009 sur Wii, « Murasama Rebirth » nous plonge dans un japon folklorique sous l’ère Genroku à l’aide de graphisme 2D à couper le souffle, et de chorégraphies de sabre redoutables. Si l’ère Genroku  se veut l’âge d’or de la peinture japonaise « Murasama Rebirth » sait lui rendre hommage, tout en proposant au joueur un gameplay dynamique et fluide. Un régal. 


Les arts ( martiaux ) prennent tout leur sens dans « Murasama Rebirth », à commencer par la direction artistique entièrement traitée en 2D qui risque de scotcher plus d’une rétine. Les deux personnages jouables à savoir Kisuke et Momohime se déplacent en scrolling horizontal sur des tableaux pleins de couleurs et de profondeur. Bien qu’il soit réaliser en 2D les environnements sont d’une vitalité incroyable, le traitement des couleurs reflète parfaitement l’ambiance onirique dans laquelle Vanillaware souhaite nous plonger. Un sentiment que la profondeur de champ donnée au tableau vient accroitre pour offrir encore plus richesse à l’aspect visuel.  Arpenter les charpentes des temples bouddhistes, cavaler dans des plaines accompagné par le mouvement des herbes poussées par le vent, où sauter d’arbre en arbre dans les forêts au pied du mont Fuji, chaque passage sur un niveau vous laisse un souvenir visuel fort agréable. Le character design des personnages suit la même direction artistique chacun d’entre eux possède leur propre singularité par leur design mais aussi par leur comportement raffiner par des dialogues de grande qualité. Quant aux ennemis et plus particulièrement les Boss ils brillent aussi par leur folklore et leur singularité. 


Le schéma narratif du jeu se décompose en deux petites histoires distincts. Chaque personnage possède son propre récit guidé par une une quête singulière où collection de Katana, monstres folkloriques et de furieux échauffourées, seront de la partie. Kisuke, ninja amnésique accusé de méfaits qu’il ne se souvient même pas avoir commis, vogue de province en province afin de trouver des réponses concernant son passé oublié. Momohime est une jeune fille innocente, contraint d’en découdre à coup de Katana depuis qu’un démon a prit possession de son corp pour assouvir une vengeance. Chaque récit est à l’image de petit comte folklorique, qui bénéficie des voix japonaises et d’une mise en image sublime. D’autant plus que des fins alternatives sont proposées selon le sabre que vous utilisez pour venir à bout du boss final. Dommage que seule la traduction anglaise est disponible, ce qui bridera forcement l’expérience des non anglophones. 


Les coups de katana dévastateurs de nos deux protagonistes révèlent également l’étiquette Art martial de « Murasama Rebirth ». Le principal intérêt du jeu repose dans la gestion et l’utilisation des sabres. Deux types d’armes qui affectent votre style de jeu sont disponibles. Des sabres lourds vous permettent de taper fort mais ralentissent le dynamisme de vos combos. Les armes plus légères sont plus tendres avec les ennemis mais vous permettent d’enchainer des combos impressionnants. C’est  au total plus de 108 sabres qu’il est possible de collectionner, chacun d’entre eux possédant ses propres caractéristiques ( puissance et pouvoir spéciaux ). Un sabre prestigieux vous est remit après avoir vaincu un boss ce qui vous permet généralement de débloquer une partie de la carte inaccessible jusqu’alors. Pour le reste des sabres il faut faire appel au forgeron qui vous confectionnera vos précieux couteaux contre des âmes. La Fabrication de ces derniers se gère via un tableau, sorte d’arbre généalogique de vos katanas, répondant au désir des développeurs d’apporter une dimension RPG à leur titre.  Ici pas de plomberie, ni de collecte de piece jaune, c’est bien des âmes errantes qu’il faut ramasser afin d’agrandir votre attirail et surtout conserver l’état de santé de vos Katanas. Car oui c’est bien beau de s’énerver sur l’ennemi sans se poser de question, mais vos sabres ne sont pas garantis incassables et peuvent se brisés en plein combat. Pas de panique vous disposez de trois sabres en combat que vous pouvez switcher quand votre arme vous fait faux bond où que sa jauge vous annonce une surchauffe. Cette petite idée de gameplay peut paraître anodine mais elle participe grandement à donner plus de dynamisme au jeu.

Oubliez les saccades ennuyantes que l’on peut trouver dans certain beat’em all, le jeu offre une fluidité irréprochable dans les combats, un régal pour ceux qui aiment enchainer les combos et se déchainer comme des petits fous. D’autant plus qu’à chaque fois que vous switcher de sabre une puissante attaque vient redonner un coup de boost à votre combo. Que se soit pour le joystick où la touche croix pour le saut,  les mouvements des personnages répondent au doigt et à l’oeil. Si bien que les coups de stick instinctifs que l’on peut donner lorsqu’on enchaine un ennemi dans les air fonctionnent très bien.  Beat’em all oblige, vos attaques se résument en deux touches : carré pour les coups normaux, rond pour l’attaque qui fait mal. Il ne faut donc pas avoir de problème avec l’idée de s’acharner sur une touche à répétition pour attaquer.

Comme je l’ai brièvement évoqué plus haut, afin d’apporter plus de richesse à leur titre les petits gas de Vanillaware ont apporté une  dimension RPG à leur jeu. Si cette dernière est fort sympathique, elle n’affecte pas réellement le gameplay. Reprenant la formule classique du leveling, vos personnages gagnent de l’expérience aux fils des combats affectant leur capacité, et leur taux de « spiritualité ». Un fort de taux de « spiritualité » vous autorise à en découdre avec des Katanas de plus en plus puissant, mais également à forger des armes de gros calibre. Vous êtes également libre d’équiper votre combattant avec des objets récupérés sur votre chemins où via un brocanteur de campagne. Des objets utilisables directement en combat sont également accessibles, il vous facilite la vie surtout quand il s’agit de restaurer une arme instantanément.   


Si il est dur de lui trouver des défauts, surtout après s’être fait conquis par sa patte graphique, « Murusama rebirth » porte en lui quelques petits désagréments qui nous empêche de poser la cerise sur le gâteau. Bien que les développeurs de Vanillaware ont fait un travail remarquable dans le traitement esthétique, on peut regretter qu’ils n’ont pas poussé leur talent jusqu’au bout. De nombreux tableaux sont en effet réutilisés, on retrouve la même forêt de bambou pluvieuse du sud, à l’ouest, vers l’est, comme au Nord. La gestion de la carte, qui s’affiche en superposition de l’écran peut aussi créer quelques inconvénients pour ceux qui souhaiteraient speed runner le jeu. 






Vanillaware signe encore un titre remarquable avec ce « Murusama rebirth » qui est sans aucun doute un incontournable pour les amoureux de beat’em all. La direction artistique menée par une 2D époustouflante pose une base luxueuse à un gameplay énergique et fluide. Nourrit de mythologie japonaise, les combats de katana explosifs sont subitement équilibrés par l’onirisme des quêtes principales. Kisuke et Monohime courent vers l’aventure au galop, leurs noms, ils le signent à la pointe de leur épée D’un R qui veut dire Régal. 

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